Géographie

Caractéristiques

Sainte-Marie est une petite île tropicale qui se trouve sur la côte Nord Est de Madagascar. Longeant la côte Est de Madagascar dans l’Océan Indien, elle est séparée de la Grande Terre par un chenal appelé “Canal de Sainte-Marie” large de 7km entre la Pointe à Larrée et Lounkintsy et 30km entre Soanierana Ivongo et Ambodifotatra. Son fuseau horaire est identique à Madagascar, l’île se positionne à 3 heures du Greenwich Meridian Time (+3 GMT).

Fuseau horaire

  • +1h avec l’Afrique du Sud
  • +2h en hiver et +1h en été avec l’Europe de l’Ouest
  • -1h avec la Réunion et l’île Maurice
  • -4h avec la Thaïlande

Géographie

Caractéristiques (suite)

De forme allongée, elle mesure environ 60km de longueur de la Pointe Albrand au Nord à la Pointe Blevec au Sud. Sa largeur varie de 1 à 7 km selon les lieux. Avec une superficie de 210km2, Sainte-Marie est un petit archipel constitué de 4 îles de terre ferme comprenant la grande île principale et 3  environnantes : l’île aux Nattes au Sud, l’îlot Madame et l’île aux forbans qui sont près de la capitale d’Ambodifotatra. Le point culminant est à 114m d’altitude. Protégés par une barrière naturelle de récifs coralliens, on découvre la transparence de ses lagons, les kilomètres de plage de sable fin qui l’entourent au voisinage d’anses et baies remarquables. Les célèbres baies d’Antongil et de Tintingue ont été des repaires de pirates des mers.

Tata

Géographie

Population

Sainte Marie compte environ 30 000 habitants, dont le chef-lieu du district est Ambodifotatra. C’est une île au passé prodigieux dont le résultat est un intense métissage linguistique et culturel. Le dialecte Saint Marien est un mélange du dialecte de la Grande Île et du français. La gentillesse et l’accueil de la population vous plongeront dans un émerveillement au quotidien.

Géographie

Climat

Le climat de Sainte Marie est de type tropical caractérisé par :

  • une saison chaude et tropicale de Janvier à Avril
  • une saison tempérée et humide de Mai à Août
  • une saison douce et sèche de Septembre à Décembre

Histoire et mythes

Découverte et légende

En 1503, des navigateurs portugais découvrirent l’île, le jour de l’Assomption, après avoir échappé à un naufrage, et lui donnent le nom de Santa Maria, en l’honneur de la Vierge Marie : d’où le nom Sainte Marie. Vers 1592, un navire Hollandais fait escale à Sainte Marie pour s’y ravitailler. Le commandant du vaisseau nommera l’île, île d’Ibrahim, Nosin’Iborahimo en malgache, d’où plus tard « Nosy Boraha ».

Mais la légende raconte que son nom « Nosy Boraha » vient d’un homme dénommé Boraha, allant à la pêche, fut trainé au loin par une baleine. Il erra en mer pendant des heures mais fut sauvé par un poisson appelé « Sorokay » qui le ramena sur la terre ferme. Il donna son nom à l’île qu’il vient de découvrir Nosy Boraha qui signifie l’île de Boraha. Et depuis ce jour, il est interdit au « zafin-boraha » qui veut dire les descendants de Boraha, de manger le poisson « Sorokay ».

Histoire et mythes

île aux pirates

Mais Sainte Marie, c’est aussi l’histoire d’une île aux pirates, de 1685 à 1720, c’est la grande époque de la piraterie. Sainte-Marie servait de repaires et de refuges aux pirates, chassés de la mer des Caraïbes par les corsaires, ils venaient attaquer les navires revenant des indes, les cales débordantes de richesses. On en comptera plus d’un millier qui habiteront ou feront escale à « Saint Mary’s Bay ».

Un certain nombre d’épaves de leurs navires gisent encore au large d’Ambodifotatra, la capitale de Sainte-Marie. Aujourd’hui, plus de corsaires : ici, on goûte à la paix, mais l’histoire de la piraterie a fait le renom de l’île. On pourrait évoquer le souvenir de figures légendaires telles que John Avery, Christophe Condent, Thomas Tew, William Kidd, et Olivier Le Vasseur, le célèbre « La Buse », arrêté au large de Sainte Marie et pendu à l’Ile Bourbon.

Histoire et mythes

Tribu MALATA

A cette même époque, les Betsimisaraka de la côte Est formaient la tribu MALATA (du français mulâtre, car fortement métissés par les pirates). Ratsimilao dit aussi Ramaromanompo, chef des malata du nord était le confédérateur des Betsimisaraka (1710-1750). Ratsimilaho était le propre fils de Thomas Tew, l’un des pirates les plus riches qui s’était installé sur la côte orientale de Madagascar, après avoir épousé la princesse Malgache Rahena. Chef charismatique, Ratsimilaho fut un roi très aimé par ses sujets, il a su maîtriser les échanges avec les navires étrangers et en faire bénéficier son peuple. Il avait eu 2 enfants : Zanahary et Betia. Zanahary hérita du Royaume de Foulpointe tandis que Betia reçut en héritage l’île Sainte Marie. Betia appelée aussi en île de France où elle a vécu la plus grande partie de son existence, Betty Marie Elisabeth Sobobie, céda le 30 Juillet 1750 l’île Sainte Marie à la compagnie des indes représentée par le Gouverneur Gosse. En contrepartie, elle mettait tout son royaume sous la protection de la France. Ce rattachement de Sainte Marie à la France a été scellé avec le mariage de la Princesse Betia avec le Caporal Louis-Onésime dit la Bigorne.

Histoire et mythes

Eglise catholique

La présence Française durera peu de temps, et il faudra attendre 1818, avec Sylvain Roux, pour que commence un début de peuplement par des colons réunionnais. En 1837, l’arrivée du Révérend Père Pierre Dalmond marque l’histoire de Sainte Marie et le début de l’évangélisation catholique à Madagascar. Elle sera concrétisée par la construction de la première Eglise catholique de la Grande Ile dont les travaux furent achevés en 1857. Après cette période vint la période de la colonisation à Madagascar en 1896, Mais Ste Marie, déjà annexée, ne sera pas sujette aux mêmes enjeux que le reste du pays. L’île est restée Française, jusqu’à l’indépendance de Madagascar en Juin 1960. Tous les Saint Mariens nés avant cette date, sont reconnus comme étant de nationalité Française. Après le 26 juin 1960, Sainte Marie faisant partie du territoire Malgache, les Saint Mariens redeviennent Malgaches, mais un statut particulier leur accorde une double nationalité. Mais en 1972, après la chute du président Tsiranana, le premier Président de la République Malgache, ce privilège sera supprimé. Nous pouvons encore voir les vestiges de ces histoires aujourd’hui comme le cimetière des pirates à Belle vue, le palais de la Reine Betia à l’îlot Madame, la grande pierre érigée au nom du Gouverneur Gosse à l’Alliance Française de Sainte Marie d’où le quartier porta son nom Igossa ou encore la tombe de Sylvain Roux.

Culture et tradition

Tradition et coutumes

Les traditions et coutumes ont une place importante dans la vie des Saints Mariens. Le culte des ancêtres est l’essence même de cette tradition. Pour les Saints Mariens, la mort n’est qu’un passage de rang d’être humain au rang de « razana » qui signifie ancêtre. Mais ce passage n’est définitif que si le defunt passe par la cérémonie du « Famadihana » ou encore « Okatr’aragna » qui signifie retournement des morts. C’est à travers cette cérémonie que le defunt devient définitivement ancêtre et enfin peut être sollicité.

Les ancêtres sont les intermédiaires entre les êtres humains et Dieu. Par sa proximité avec Dieu, les ancêtres sont dotés de pouvoir afin de protéger son clan, sa famille. Le « Famadihana » est organisé pendant l’hiver austral c’est-à-dire de Juillet à Octobre. Pendant cette période, l’île Sainte Marie vibre au rythme des chants traditionnels, le « bingibe » et le défilé des femmes en « marodady », la tenue de fête Sainte Marienne et le tout fêter avec du « Betsabetsa », la boisson traditionnelle à base de canne à sucre. Néanmoins, plusieurs cérémonies sont organisées tout au long de l’année à travers le « tsaboraha » afin d’honorer ou de solliciter les ancêtres : le Tsikafara, le Rasa arian et le Jorontany

Environnement

l’île-jardin

Une végétation luxuriante : L’île porte de nombreux surnoms dont celui de « l’île-jardin ». Du fait d’un microclimat constant tout au long de l’année, Sainte-Marie possède une luxuriance végétale remarquable. Son charme réside dans sa végétation qui garde son cachet naturel en se dotant de forêts primaires comme la forêt de Kalalao au Nord qui est la plus grande réserve forestière de l’île, la forêt d’Ankarena au Sud Est. Les forêts littorales constituées exclusivement de lianes, de pandanus et d’orchidées se trouvent sur la côte Est avec la forêt de Saromay, d’Ambohidena et d’Ampanihy.

La forêt secondaire dont l’espèce dominante est le ravinala appélé aussi arbre du voyageur est très expressive de l’île dont la principale est celle de la corniche de Mandraka. Mais Sainte Marie c’est aussi une réserve de Mangrove dont le plus important se trouve dans la lagune d’Ampanihy. Si les diverses cultures d’épices (girofle, cannelle, vanille, café, poivre) y prolifèrent, Sainte-Marie a su aussi conserver un large éventail des différentes styles tropicals existant à Madagascar, dont une véritable forêt primaire.

Environnement

Un nid à baleines

Des espèces floristiques et faunistiques endémiques : le caractère insulaire du lieu et les particularités du sol corallien ont favorisé diverses adaptations sur le plan végétal, entraînant des interrelations uniques. Sainte-Marie est ainsi dotée d’une flore très riche, on y rencontre une multitude d’orchidées, dont la magnifique Reine de Madagascar.

Des fonds marins de qualité : le lagon de l’île de Sainte-Marie est doté d’importantes constructions coralliennes. Sa faune et sa flore sous-marine constituent un patrimoine naturel préservé et un site de plongée de premier ordre dans l’océan Indien.

Un nid à baleines : L’île accueille chaque année pendant l’hiver austral un spectaculaire ballet. D’importants groupes de baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) migrent chaque année entre l’Antarctique et le canal de Sainte-Marie, lieu idéal pour la mise bas et la reproduction. Les baleines observées pendant la saison sont donc des saint-mariennes elles aussi ! Ces paisibles géants trouvent ici des conditions favorables à la croissance des jeunes et à leurs jeux amoureux et acrobatiques avant le grand retour vers les mers froides.